LA CHAPELLE DU CHRIST

UN PEU D’HISTOIRE :

La Chapelle du Christ au début du 20ème siècle (Archive paroissiale)

En mars 1939, des ouvriers démolissaient les maisons attenantes à la vieille chapelle du Christ. Celle-ci, située alors à l’angle de la rue de la Marlière et de la chaussée du Risquons-Tout, allait également être détruite pour permettre la construction d’un grand bâtiment comportant au rez-de-chaussée un magasin. Les autorités religieuses firent faire des recherches dans les archives notariales, mais il fut impossible de prouver que la fabrique d’église de la paroisse Saint-Barthélemy était propriétaire du terrain de la chapelle du Christ.

Mars 1939, la Chapelle du Christ est abattue (Archive paroissiale)

La nouvelle Chapelle de 1939 dans son état actuel (Archive paroissiale)

En juin 1939, le grand Christ a été replacé dans une chapelle construite dans la chaussée du Risquons-Tout, à l’extrémité du nouvel édifice. On y a remis la même croix. Malheureusement, il fallut la diminuer et, de ce fait, le corps du Christ semble énorme derrière la grille de fer forgé.

Le 17 septembre 1939, lors du « Tour des sept Croix », auquel cinq mille personnes participaient, la nouvelle chapelle du Christ devait être inaugurée, mais à cause des événements, les travaux n’étaient pas terminés.

En 1941, pendant la seconde guerre, ce crucifix fut l’objet d’un acte impie attribué aux soldats allemands cantonnés à Mouscron. La restauration du Christ qu’une main sacrilège avait brisé, fut célébrée le dimanche 21 septembre 1941. C’est cette chapelle du Christ qui donna son nom au quartier dans lequel elle était construite.

En 1874, la confrérie de Notre-Dame des VII Douleurs procéda à la restauration des croix du « Tour des VII Croix ». La chapelle du Christ, qui était une station de l’ancien « Tour des VII Croix », existait toujours et fut conservée comme deuxième station du pèlerinage. La Croix Danel ayant été renouvelée par ses propriétaires, la confrérie ne put intervenir que dans le placement de cinq croix.

Il paraît qu’autrefois on venait servir « au Christ » le dimanche de la Pentecôte. Juliette Destoop, qui fut la benoîte de la chapelle et qui y faisait brûler les bougies, racontait que sa mère, née en 1824, avait toujours entendu que le Christ était une donation de la fermière de l’ancienne « Cense Coulon » qui, atteinte d’un cancer, avait fait promesse en cas de guérison de bâtir une chapelle au Christ. Elle guérit et la chapelle fut bâtie.

Mlle Juliette Destoop racontait encore que les révolutionnaires français de 1791, « les rouges Bonnets », s’amusèrent à tirer après le Christ. On en voit encore la trace, car un doigt manque à la main gauche. Elle savait par tradition qu’à un certain moment le Christ fut caché dans la grange de la ferme d’en face, qui devait être la ferme Destombes (actuellement café de la Barrière). Elle se souvenait du temps où l’ancienne chapelle était ouverte et sans grillage. Il s’y trouvait six bancs et les gens y venaient en pèlerinage, même de très loin. Il y a une centaine d’années, on voyait sur les murs un tas de béquilles et de cannes.

Nous pouvons remarquer l’absence du pouce de la main gauche (Archive paroissiale)

Les pèlerins qui venaient servir « au Christ » récitaient le « Notre Père » d’une façon particulière. Ils devaient doubler tous les mots: « Notre notre, Père Père, qui qui, êtes êtes, etc. ». Juliette Destoop se rappelait encore qu’étant enfant, elle vit arriver un monsieur, qui était venu de Lys-Lannoy, poussant devant lui une brouette sur laquelle était assise sa fille. Il apportait avec elle les béquilles de l’enfant pour les suspendre à la «chapelle du Christ ».