Églises Ouvertes : un patrimoine sans frontières

Églises Ouvertes est réseau d’édifices religieux ouverts et accueillants en Belgique, dans le nord de la France et au Luxembourg.

Un espace ouvert à tous ceux qui apprécient le patrimoine, l’art, le silence, la spiritualité et la vie communautaire. Nos membres vous accueillent en ouvrant les portes de leur édifice.

Vous trouverez plus d’info sur notre site : www.egliseouvertes.eu

À MOUSCRON :

« ÉGLISE DE SAINT-BARTHÉLEMY – GRAND’PLACE DE MOUSCRON »

UN PEU D’HISTOIRE DE LA PAROISSE

(archive paroissiale)

Notre-Dame des Sept Douleurs

L’existence d’une église à Mouscron est signalée en 1149. Avant cette date, l’abbaye d’Eeckhout de Bruges en avait le patronat. Elle transmit ses droits en 1149 à l’abbaye de St Martin de Tournai. Gérard, 45ème évêque de Tournai (1149-1166) accorda à l’abbaye l’autel de Mouscron.

Au 16ème siècle la paroisse Saint-Barthélemy se distingua déjà par sa dévotion a N.D. des VII Douleurs. C’est ainsi que le 3 septembre 1527 Charles de Croij (1524-1564) érigea la Confrérie de N.D. des VII Douleurs en l’église de Mouscron. Des travaux importants furent exécutés à l’église au 16ème siècle et encore au 18ème siècle. Le 14 septembre 1761, le clocher de bois édifié à l’intersection des transepts menaçait ruine. Démoli, il ne fut remplacé qu’en 1837, par le clocher en briques que nous connaissons aujourd’hui.

Le 19 avril 1794, les révolutionnaires français dévastent la paroisse et son église.

Ils brisent les cloches et brûlent les orgues. Ils transforment la maison de Dieu en écurie et y hébergent 55 chevaux.

L’orgue

La paroisse Saint-Barthélemy « paroisse pauvre » se relèvera difficilement de ses ruines. C’est ainsi qu’elle dut attendre jusqu’au 2 octobre 1803 pour faire acquisition d’un orgue d’occasion, le célèbre instrument employé de nos jours et qui fut classé par arrêté Royal du 17 décembre 1981.

Le 19 Juillet 1874 la paroisse vit un grand moment à l’occasion du rétablissement des croix aux stations du Tour des sept croix. Cérémonie qui s’est déroulée en présence de Mgr Jean Joseph Faict, évêque de Bruges.

En 1898, la procession en l’honneur de N.D. des VII Douleurs, créée par M. le Vicaire Joseph Philippe Bauwens, sortit pour la première fois le Jour de l’Assomption. Cette procession, copiée sur les cortèges religieux de Bruges, défila dans les rues de la paroisse jusqu’en 1953.

La loi Combes votée le 1er juillet 1901, fit que de nombreuses communautés religieuses expulsées de France, vinrent apporter dans notre paroisse et dans tous les coins de Mouscron les bienfaits de leur présence. La piété de nos aïeux était légendaire. Elle avait édifié dans nos campagnes de nombreux petits sanctuaires dédiés à Notre Dame. Beaucoup de ceux-ci sont tombés sous les coups de pioche et n’ont plus été reconstruits malgré les promesses faites par les organismes acquéreurs.

« Les Sept Croix », hier – aujourd’hui

Le 18 octobre 1918, alors que la foule en liesse acclamait les Anglais, nos libérateurs, des obus allemands vinrent s’abattre dans le centre de la ville. Le clocher, le chœur de l’église et la cure subirent des dégâts importants.

En 1954, sous l’impulsion de M. le vicaire Gérard Dermauw, un comité reprenant le programme de la procession de M. le vicaire Bauwens, organisa un cortège religieux qui sortit jusqu’en 1965.

En 1966, il fut question de démolir l’église Saint-Barthélemy et d’en reconstruire une nouvelle dans le verger de la cure. Les partisans de la conservation de cet édifice eurent gain de cause. La restauration de l’église commencée en septembre 1971, s’est achevée en avril 1985 et ceux qui, hier, étaient opposés à cette restauration, admirent aujourd’hui la beauté de l’édifice.

L’intérieur de l’église de Saint-Barthélemy

En terminant cette page d’ histoire, rendons un vibrant hommage à tous ceux qui ont travaillé à l’épanouissement de la paroisse Saint Barthélemy.

Et d’abord aux 35 curés connus qui depuis 1350 ont travaillé au salut des âmes.

Et ensuite aux 111 vicaires, qui depuis 1471 ont contribué, par leur dévouement et leur générosité, à la continuité de la paroisse Saint-Barthélemy.

Charles Clovis Selosse, janvier 1988.

« ÉGLISE DE LA SAINTE FAMILLE »

place du Tuquet – MOUSCRON

HISTORIQUE

(archive paroissiale)

1717 Apparition du mot TUQUET- mot signifiant hameau, carrefour, coin

1770 Apparition du mot COÜET – mot désignant un ustensile de cuisine, en terre cuite ou en fer, avec un manche, servant à être posé sur le feu – nom d’un cabaret situé à cet endroit

1895 Les Dames de Marie construisent une école ainsi qu’une grande salle destinée provisoirement de chapelle ou d’église pour le hameau du Tuquet

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2/10/1895 La proximité de la France, amenant un grand nombre d’ouvriers dans le quartier du Tuquet et du Couët, pose le problème de l’érection d’une paroisse et de la construction d’une église. Sur requête de la Fabrique d’église de Saint-Barthélemy, le Conseil communal vote la création d’un quatrième vicariat. Quant à la question de l’érection d’une église, le Conseil se trouve délicatement placé entre sa fidélité à l’Église catholique et sa politique traditionnelle de parcimonie fiscale.

17/08/1896 M. l’abbé Benoît Vandromme, vicaire à Mouscron, fut chargé de desservir le Tuquet ; il y vint résider et il célébra la première messe dans la chapelle qui avait été bénite la veille.

29/12/1896 En séance du Conseil communal, le Bourgmestre Mulliez expose que pour le moment la Ville n’a aucune ressource disponible pour construire une église, ce projet de 120.000 francs dépasserait en importance la construction de l’hôtel de ville. Le terrain est donné par M.M. Goemaere et consort et M. Liétaer, curé de Mouscron, s’engage à remettre au trésorier de la Fabrique de la future succursale, dès qu’elle sera constituée, un capital de 30.000 francs comme premier don pour la construction. La Fabrique décide de concourir dans la mesure du possible à réaliser 60.000 francs, moitié de la somme nécessaire pour la construction de l’église et du presbytère de la nouvelle succursale, et de solliciter pour le reste, le concours de la commune, la Province et l’État.

2/04/1897 La requête est renouvelée au Conseil communal où la proposition est une nouvelle fois rejetée !

1/10/1897 Mais nos dirigeants savent compter ! Après le refus du Conseil communal à majorité catholique de voter l’érection d’une église au Tuquet pour cause d’impécuniosité, la construction d’un abattoir communal est accordée. Le vrai motif de ce vote est que la gestion d’un tel abattoir pourrait être de « bon rapport » fiscal au profit de la Ville.

18/09/1901 L’accroissement incessant de la population du Tuquet est tel que le Conseil ne peut maintenir très longtemps cette attitude. Ce 18 septembre, les plans de l’église et du presbytère, dressés par M. Carette de Courtrai, sont approuvés.

15/10/1902 L’entreprise de l’église est adjugée à M. Augustin Masquillier, entrepreneur à Tourcoing, et à M. Henri Maertens, entrepreneur à Wevelghem, pour la somme de 109.173 francs 35 centimes. L’entreprise du presbytère est, elle, adjugée à l’entrepreneur.

Bibliographie

1. Histoire de Mouscron d’après les documents authentiques, par l’abbé Alphonse-Marie Coulon.

2. Les Chapelles de Mouscron, histoires, légendes, folklore de Charles-Clovis Selosse.

3. Les rues de Mouscron: origine et signification, de Charles-Clovis Selosse, 1978.

4. Mémoires de la Société d’Histoire de Mouscron et de la région, t.V, 1983.

5. Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique. Province de Hainaut. Canton de Mouscron, 1984.

23/03/1903 Pose de la première pierre par M. Joseph Dupan, curé doyen de Menin.

29/08/1904 L’église dédiée à la sainte Famille fut bénite par M. Joseph Dupan, curé doyen de Menin.

30/09/1907 L’église fut consacrée par Mgr Waffelaert, évêque de Bruges.

1913 Construction d’une grotte dédiée à N.D. de Lourdes en face du portail de l’église, à l’initiative de M. l’abbé Louis Delputte, curé, et bénite le 27/07/1913. C’est surtout pendant la guerre 1914-1918 que la dévotion à N.D. de Lourdes prit de l’extension au Tuquet. Elle en fut le lieu de pèlerinage de tous les environs, les frontières étant fermées, les pèlerins de la Vierge ne pouvaient se rendre en leur sanctuaire de la Marlière.

18/10/1918 Les Anglais libérèrent la paroisse sans combat, sans dégât ni à l’église, ni aux maisons.

1956 Nouveaux aménagements : on a supprimé les grilles et les jardinets autour de l’église.

L’autel et la statue sont déplacés à l’église de la Sainte Famille.

10/08/1966 La grotte fut démolie pour cause de vétusté. La statue N.D. de Lourdes fut placée sur son autel de marbre blanc à l’église. Le monument aux héros de la guerre 1914-1918 fut posé au fond de l’église sur un socle dont la pierre nous rappelle les noms des héros de la grande guerre de même que ceux de la guerre 1940-1945.

29/12/2006 Quelqu’un boute le feu volontairement à la crèche qui s’enflamme et occasionne de nombreux dégâts à l’église.

2007 La restauration de l’église commence. Pendant cette période, les paroissiens sont invités à se rassembler à la rue des Combattants. La Ville prête une salle de la maison des associations pour les célébrations dominicales.

13/05/2007 Nous réintégrons notre église toute propre et repeinte, dotée d’une nouvelle installation électrique et sonore.

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L’église après sa restauration

CARACTÉRISTIQUES ARCHITECTURALES

L’église est de style gothique du 13ème siècle.

Le vaisseau mesure 57 m de long et 17 m 50 de large.

Le transept a 7 m 50 de long et 27 m de large.

Chaque nef latérale a 4 m 50 de large et la nef du milieu est large de 8m.

Le clocher a 51 m d’élévation soit 31 m en maçonnerie et 20 m pour la flèche.